Mois : mars 2014

Smoking Addiction

Par : Stefanie Renoma Dans : Beauté, Bijoux, Femme, Homme, Mode, Smoking, Stefanie Renoma Collection, Unisex Commentaires : pas de commentaires.

Photo : Neo Tony Lee.
Direction et collection par Stefanie Renoma.
Avec Alex Wetter.
Mise en beauté : Marielle Loubet.
Bijoux : Christophe Leka.
Texte de Frederic Michel Hurez pour Stéfanie Renoma.

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Un couteau planté au cœur de l’oreiller endormi, la liqueur brisée rigolait sur les draps nus. L’homme au regard gris bleuté regardait la porte qui baillait, elle ne parvenait pas à se refermer. Il était sorti de ses gonds, avait perdu toutes les clés des songes. Elle était pourtant là il y a un instant, ou un an, les sentiments ne connaissaient pas la saveur du temps. Sa candeur angélique ne supportait pas l’obscurité, la lune lui faisait peur comme la mort d’un jour qui déclinait. Fragile d’une peau diaphane qui semblait se fissurer sous la moindre caresse, elle redoutait l’amour qui donnait des coups de canif dans le bas ventre. Le tissu des rideaux s’était froissé de tant de pudeur, l’amant déchu les ongles glissant sur les murs déjà griffés, s’était assis pour mieux prendre ses larmes. Sur le sol qui s’éteignait, une dernière lueur d’espoir perdait son firmament, l’enseigne de l’hôtel sacrifié clignotait d’un cil à bout d’insalubre. Silencieux comme une ombre perdue sans reflets, l’éconduit ramassait les couleurs d’un arc-en-ciel qu’il lui avait offert sous le ciel des serments à terre. L’image brune se ternissait, quelques cheveux éparses se souvenaient d’une main qui passait. La peau de l’épaule à la bouche avait gouté le cou fatal, descendu des seins jusqu’au désir en spirale essoufflé. Les mains encore peintes des traces d’ailes, tel un amour qui s’envolait vers le lointain, l’homme mis à nu revoyait son visage qu’il avait embrassé de mille couleurs. Les lèvres belles à croquer avaient dépassé des baisers trop ardents, en laissant le rouge de la passion se mêler aux étreintes éreintés. Le plus beau des voyages en elle s’était écrasé sur l’asphalte des possédés, dans la rue salie les amants meurtris lavaient les corps écorchés à grande eau. La robe cerise délavée par l’empressement, tombait au pieds d’un dernier tourment, les doigts pris aux fines bretelles finissaient par dénuder. La dernière fois devenait la première, une cigarette improvisée masquait la gêne par des volutes, « Tu sais jeu ». Troublée encore à sentir l’insistance, « Ne dis rien, ce n’est rien, mais c’est tout ». La poignée qui se tournait, à partir maintenant sans se retourner, les escaliers qui grinçaient des dents, la douleur qui pinçait dedans. La solitude laissait un pourboire sur le comptoir, accrochée au porte menteurs, la honte crachait du sang. Une java bleue dansait encore, le jour balayait les poussières d’amour.

 Frederic Michel Hurez pour Stéfanie Renoma.

 

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